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> Connaître la politique salariale de l'entreprise
Négocier son premier salaire
L’heure n’est plus à la surenchère salariale. Cette année, vous réussirez à négocier votre premier salaire en jonglant entre humilité et mise en avant de votre valeur ajoutée. Un subtil équilibre.
Les temps sont décidément
durs. « Les entreprises sont dans une logique
de limitation de la masse salariale », souligne
Jorge Royo-Izquierdo, consultant en ressources humaines
au cabinet de conseil Hewitt. Pour Pierre-Antoine
Fayol, directeur de la division Ingénieurs
et Techniciens de Michael Page, « les entreprises
ont tellement de candidatures qu’elles ne sont
pas prêtes à négocier avec les
candidats ». Si la plupart des consultants des
cabinets de recrutement déclarent que vous
n’êtes pas en position, cette année,
de faire monter les enchères, ils tirent néanmoins
quelques enseignements de la morosité ambiante.
Ce sont autant de ficelles qui vous permettront, malgré
tout, de bien négocier votre premier salaire.
Découvrez les
pratiques de l’entreprise
Avant d’avancer sur le terrain miné de
la question salariale, il vous faudra bien connaître
les façons de faire de l’entreprise ciblée.
Contrairement aux PME, les grandes entreprises ont
établi des grilles de rémunérations,
qu’elles veulent cohérentes. Elles ne
vont donc pas remettre en cause leur système
de rémunération pour vous. La négociation,
à ce niveau, n’est pas possible. Du moins
en théorie. Car certaines grilles sont moins
fixes qu’elles n’y paraissent. À
vous d’en éprouver la rigidité.
Un ancien de votre établissement peut être
un bon relais pour vous instruire sur la politique
de rémunération d’une entreprise.
De plus, il existe suffisamment de sites Internet
et d’enquêtes dans la presse pour vous
permettre de vous faire une idée précise
de votre valeur sur le marché.
Envisagez un package global
Le salaire ne représente « que »
70 % de la rémunération totale des cadres
(chiffres HayGroup, enquête rémunération).
Les 30 % restants comportent 7 % de part variable
(bonus, intéressement, primes exceptionnelles)
et 23 % de périphériques (participation,
plan d’épargne d’entreprise, prévoyance/retraite,
avantages en nature...). Il faut donc raisonner en
termes de package global. « Le signing bonus,
qui prévalait en 2001 au moment de l’embauche,
est aujourd’hui passé de mode, explique
Marion Ricoux, consultante en information de rémunération
chez Hay Group. En revanche, les plus jeunes ont davantage
de chances de percevoir un bonus. Ce dernier représente
en moyenne 8 % de leur salaire de base. Son obtention
est de plus en plus liée à des critères
qualitatifs comme la satisfaction du client. »
Négociez en finesse
Les pratiques de votre entreprise connues, il vous
reste à négocier. Pour cela, il vous
faudra une dose d’humilité et deux doigts
de psychologie. Les entreprises attendent de vous
de l’humilité. Donnez-la leur. En toute
intelligence. Ce qui veut dire... qu’il vaut
mieux éviter d’aborder trop rapidement
la question du salaire. Pour Pierre-Antoine Fayol,
cette situation est un juste retour de bâton
pour des entreprises qui, de 1999 à 2001, ont
dû faire face à l’agressivité
des jeunes candidats en matière de surenchère
salariale. « Après deux entretiens, vous
pourrez délicatement aborder la question de
la rémunération », conseille-t-il.
Pour pouvoir négocier, il faut être en
position de force. Tout le monde n’a pas la
chance d’avoir deux ou trois propositions. Mais
en corrélant les précédentes
données avec votre motivation et vos compétences,
vous pourrez mettre en exergue votre valeur ajoutée.
Un candidat parviendra à mieux convaincre s’il
sait que l’entreprise visée a besoin
de quelqu’un immédiatement. Une spécialité
très recherchée par l’entreprise,
la maîtrise de plusieurs langues ou encore la
mobilité, sont autant d’arguments qui
contribueront à faire grimper votre premier
salaire. C’est la recherche d’un subtil
équilibre entre rigidité et souplesse.
« Être réaliste quant au marché
et conscient de votre valeur vous permettra de savoir
à quel moment vous devrez éviter d’insister
sans pour autant vous sous-évaluer, précise
Nathalie Evrard-Steinberg, directrice au cabinet de
recrutement Mercuri Urval. Cela demande beaucoup de
psychologie. »
Pascale Kroll, Gwenole Guiomard
pkroll@e-go.fr
- gguiomard@e-go.fr
Retrouvez l'article complet sur le
GO RHONE-ALPES version papier, ainsi que des compléments
d'informations :
> Quand et comment négocier une augmentation
salariale ? par Frédéric Giquel est
journaliste à Mieux vivre votre argent
et auteur de Salaires, ce que vous pouvez négocier,
aux éditions d’Organisation
> Des liens sur le web pour approfondir
> Des livres à lire sur ce thème
Pour en savoir plus, cliquez
ici
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